Les nouveaux fascistes, tournant stratégique et inquiétant.

Les nouveaux fascistes, tournant stratégique et inquiétant.



Voilà maintenant quelques années, qu’une partie de l’extrême droite rompt avec le visage traditionaliste religieux, royaliste de certains partis et mouvements.

C’est sous une nouvelle stratégie plus « gauchisante » que des groupuscules néo-fascistes essayent de se réapproprier l’héritage du monde ouvrier par le révisionnisme, n’hésitant pas à se réclamer «vrais socialistes » à travers des idéologies identitaires comme le nationalisme révolutionnaire, le socialisme national, ou encore en Europe de l’est et du centre une variante s’appelant «national-bolchevisme» (mêlant nazisme et stalinisme).

Voici une analyse pour comprendre pourquoi ces nouveaux courants fascistes apparaissent, et surtout comment les reconnaître, car ces groupes s’implantent très rapidement, ils ciblent une jeunesse influençable par manque de repères politiques, historiques et économiques en les appâtant dans un mélange subtil d’idées, de pratiques, mêlant socialisme, nationalisme et racisme, reprenant même la symbolique et les drapeaux de groupes de la gauche révolutionnaire et libertaire, afin de semer le trouble dans l’opinion.

 

 

 

LE FASCISME (petit rappel).

 

Le fascisme, venant de «fascio» (faisceaux), est un mouvement politique d’origine italienne, apparu en 1919 et fondé par Benito Mussolini. Mouvement à but totalitaire, à vocation anti-démocratique et anti-marxiste, le fascisme apparaît comme étant une idéologie de revanche contre les idées libérales des Lumières, promouvant un Etat autoritaire et sécuritaire, l’exaltation du sentiment nationaliste doublé d’une politique réactionnaire et contrôlée par des groupes de pression : les «squadristi» (équipe d’action) ayant pour but de « punir les rouges » (socialistes, communistes, syndicalistes, anarchistes).

Néanmoins, un aspect social est évoqué, en tout cas dans son programme, afin de gagner les masses populaires qui penchent plutôt  du côté du socialisme et des idées progressistes.

Le programme des « faisceaux de combat » de 1919 révèle effectivement un aspect socialisant et révolutionnaire comme par exemple le « vote des femmes, la séparation de l’Eglise et de l’Etat ainsi que la saisie de tous les biens religieux, salaire minimum, journée de 8h, désarmement général, gestion des industries publiques par les organisations prolétariennes » (syndicats)…Il est d’ailleurs important de dire que Benito Mussolini (ancien militant du parti socialiste italien) s’inspire de l’idéologie du syndicalisme révolutionnaire (CGT en France au début du XX°siècle) pour faire celle du fascisme afin d’appâter le prolétariat à sa cause.

Le vrai visage du fascisme ne se fait pas attendre, la défaite aux élections de 1919 amène les groupements les plus à gauche à se retirer des «fascios». Avec l’évolution du mouvement, nombre des idées du programme sont rejetées, notamment les plus sociales.

Les fascistes, après avoir monopolisés petit à petit le pouvoir, instaurent une dictature étatique nationaliste « Tout dans l’Etat, rien hors de l’Etat et rien contre l’Etat », les partisans de gauche, les syndicalistes, les libertaires, sont les premières cibles, traqués, emprisonnés ou assassinés.

 

En Europe ce modèle apparaît en Espagne avec le franquisme et en Allemagne avec le nazisme, adoptant quelques évolutions comme l’état ultra-religieux franquiste ou encore la politique raciale et d’anéantissement éthnique chez les nazis.

 

 

LE DANGER DU FASCISME


Outre le fait que le fascisme soit une idéologie basée sur l’ordre, maintenue par la loi du plus fort (« revanche de l’instinct »), l’autoritarisme, le nationalisme exacerbé, (et à notre ère racisme, xénophobie…) le fascisme se veut social afin de gagner les masses populaires.

Il a su donc adopter des idées venant du socialisme, du syndicalisme, pour apporter un côté attirant aux classes défavorisées, ce qui en fait un redoutable danger car il est prêt à adopter des idées contraires (qu’il combat et qu’il détruit) afin de prendre le pouvoir avec le plus de légitimité possible, c'est-à-dire l’appui du peuple, en trouvant un bouc émissaire facile à attaquer, comme par exemple l’immigration. Notons que les fascismes prennent toujours une proie facile à avoir, pour faire oublier au peuple sa situation misérable, ou tout simplement faisant croire que sa misère vient de ce bouc émissaire.

Il est intéressant de voir ce que cette accumulation d’idées opposées amène aujourd’hui, l’adaptation d’organisations fascisantes dans notre société contemporaine, répondant aux besoins d’une nouvelle génération influençable, déçue.

 

 

 

 ENTRE SEDUCTION ET MANIPULATION


Nous pouvons constater l’émergence et la multiplication de ces organisations profondément racistes, antisémites, homophobes, anti-marxistes qui toute fois jouent sur un programme revendiqué ouvertement « socialiste » de tendance « préférence nationale et européenne ».

Les exemples de cette fusion d’idées contraires grouillent, et en tant que militants antiracistes, antifascistes antisexistes et anticapitalistes il est de notre devoir d’alerter la population contre ces groupes dangereux et fanatiques.

Arrêtons-nous quelques instants sur ces organisations, les plus grosses et les plus populaires de ce milieu (ce qui ne représente encore pas grand-chose).

 

La Droite Socialiste, «Mouvement nationaliste et social» ouvertement antisémite radical, dénonçant la «Mafia Juive», théorise sur le  «danger du métissage et de la diversité ethnique», n’hésitant pas à reprendre pour propagande le slogan de la CNT (syndicat révolutionnaire et libertaire) «Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève» et remplacer le terme fascisme par sionisme tout en gardant un fond rouge et noir. Contact du NPD (parti néo-nazi allemand) qui prévoit un socialisme national pour ne pas dire national-socialisme, la Droite Socialiste n’a encore que peu de sections dans la France et très peu de militants.

Un exemple d'autocollant qui reprend un slogan de la CNT...

 

La Gauche Nationale, « Jeune mouvement socialiste français » se base sur les théories d’un socialisme patriotique qui serai issu de la Commune de Paris en 1871, nationaliste et communautaire blanc elle entend défendre la révolution sociale et nationale, un «nationalisme prolétarien». Elle veut structurer l’union des français par un Etat syndical : « Pour nous qui sommes les vrais Socialistes, la Nation est avant tout une unité économique, sociale et politique. C’est pourquoi le Syndicalisme ne doit pas influencer l’État. Il ne doit pas être la remorque de l’Etat, IL DOIT ETRE L’ETAT . » Cette théorie de la Gauche Nationale rejoint le fascisme où celui-ci s’inspire du syndicalisme révolutionnaire. Très proche également du NPD, son sigle directement copié sur ce dernier, on remarque que sur le site internet, les humains apparaissants sur les images de fond sont tous blonds aux yeux bleus... coïncidence ?

Le mouvement NATION, regroupe, ou plutôt coordonne novopress (site d’info nationaliste), Jeune Nation, Renaissance Sociale et un collectif « tout sur les mensonges des antifascistes ». Jeune Nation se situe et lutte notamment en Belgique. Pour la « résistance nationale » ce groupe jeune est sûrement le plus significatif pour ce qui est de la copie, manipulation des masses à l’égard des symboles venant de la gauche révolutionnaire, libertaire et antifasciste : drapeaux rouges et noirs, reprise des logos de l’antifascist action à la sauce identitaire et nationaliste pro blanc, slogans et propagande anticapitaliste, anti-impérialiste, au cri de «Socialisme !», « Europe, Jeunesse, Révolution !» ils défilent aux côtés des néo-nazis allemands et d’Europe centrale.

Les Jeunesses Identitaires, branche jeunesse du Bloc Identitaire malgré une certaine «indépendance», est le groupuscule français le plus connu dans le milieu nationaliste révolutionnaire. Création en 2002 suite à la dissolution d’Unité Radicale (en raison d’une tentative d’assassinat de Jacques Chirac en public), ils sont présents dans près de 15 villes et départements, élaborent des sections basées sur la reconquête des quartiers face à la «racaille», s’entraînent dans des camps d’été au combat et à l’endurance de situations difficiles. Très suivi par la jeunesse pour un côté radical, nostalgique et de leur bon appât : «stop le racisme anti-blanc», les Jeunesses Identitaires «proposent à tous les jeunes Européens une organisation de combat moderne, adaptée aux défis que le 21ème siècle impose à ceux de notre sang.».

 

 

Apparemment les hommes qui peuplent la Terre n’auraient pas le même sang, la même vocation à coexister suivant leur civilisation…

Voici le constat de la situation actuelle. Bien évidement ces groupuscules sont encore très minoritaires, et nous veillons à ce qu’ils le restent, mais n’oublions pas l’ascension du parti d’Hitler, et de tous les fascismes tout aussi groupusculaires, ignorés, avant d’être au pouvoir et d’avoir pignon sur rue. Adoptants une stratégie plus sociale, voulant reprendre l’héritage du monde ouvrier en transformant l’analyse historique de la lutte des classes par la lutte des races, pratiquants le révisionnisme à outrance, nous sommes contraints d’apporter la réponse suivante de déjà vu dans l’histoire sombre du XX° siècle, devant tant d’influence en peu de temps de la part de ces organisations. Le fascisme se nourrit de la misère et de l’inégalité sociale (crise de 1929, chomâge, avènement d’Hitler en 1933), c’est pourquoi notre combat anticapitaliste d’aujourd’hui est complémentaire du combat antifasciste.

 

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