Freddy du RASH Bogota relaxé!!!

Publié le par SCALP87

Une sacrée bonne nouvelle pour changer!!! Le camarade Freddy du RASH Bogota vient d'être relaxé!

Un récapitulatif de la situation :
Article sur le Classe Contre Classe Forum
Depuis le 15 mars 2008, le chanteur de Komintern 43 est en prison. À nous de l’aider à sortir de là ! Organisons-nous : concerts, projections, collectes. La solidarité est une arme !

En juillet et en août 2007, je me suis rendu en Colombie, parce que d’une façon générale, avant de juger, j’aime comprendre. Et parce que la meilleure méthode pour entrevoir une ou plusieurs facettes de la réalité internationale, c’est encore d’aller sur place. À l’heure où Ingrid Betancourt semble achever sa course au fin fond de la jungle, sacrifiée par le gouvernement Uribe qui refuse les conditions des FARCs (i.e. une grande bourgeoise en échange de centaines de guérilleros), j’ai envie de revenir quelque peu sur les jours passés aux côtés des compagnons du réseau RASH le plus impressionnant du monde. Mais c’est un récit qu’il faudrait presque commencer par la fin, puisque le 15 mars 2008, nous avons reçu de sombres nouvelles de nos camarades colombiens. Suite à une terrible bagarre avec une dizaine de néonazis, Freddy, alias Faro, chanteur du groupe Komintern 43, leader charismatique de la section de Bogotá, élément moteur du RASH NC (Nueva Colombia), venait d’être incarcéré à la sinistre prison de la Modelo. En effet, la charge passée, un jeune d’extrême droite a été ramassé sur le carreau, blessé mortellement de plusieurs coups de couteau. Cette rixe tragique a été le prétexte à l’arrestation du plus actif, donc du plus dangereux des militants de la bande politique rouge. Plus de trois mois après, Freddy est toujours en prison, il s’adapte progressivement, mais il a besoin d’un énorme soutien financier. Ses frais d’avocat s’élèvent à 28 000 euros (soixante-dix millions de pesos !). Recueillir cette somme phénoménale est la principale façon de l’aider dans l’immédiat.

Tous ceux qui s’intéressent un peu à notre mouvance ont déjà eu l’occasion de lire les courriers envoyés par les camarades sud-américains, de voir leurs vidéos assez « mythos » sur Dailymotion, ou encore d’écouter leurs deux principaux groupes : Komintern 43, de Bogotá, et Brigada Oi !, de Cali. En Colombie, le RASH en tant que tel est né vers 1999. Mais il existait déjà des redskins dès le début des années 90. Ce sont des Colombiens ayant vécu aux États-Unis qui ont importé ce mode de vie. Dès le départ, la scène colombienne a subi une double influence, celle des groupes européens comme Kortatu et celle du New York Hardcore. On en retrouve encore les traces aujourd’hui, puisque Skartel, le groupe des « vieux » de Bogotá (i.e. les plus de trente ans), pratique une musique qui ressemble très fortement à celle que peut produire Fermin Muguruza depuis plusieurs années, tandis que la section RASH de Barranquilla (nord) pratique un hardcore résolument anarchiste. Comme souvent, la scène s’est structurée autour d’un groupe de musique. Et c’est à Cali qu’a démarré l’aventure de Brigada Oi !, un groupe qui fait dans la grosse oi ! très lourde et très rouge. Leur disque La lucha continua ! est disponible chez Anfibio records, le label de Cremone. Ensuite se sont structurées les sections de Bogotá, Medellin et Barranquilla. Aux dernières nouvelles, des sections devaient se créer à Popayan et Pasto, dans le sud.

Avant d’aller à Bogotá, je dois avouer que j’avais quelques réticences à l’égard des redskins colombiens, presque tous marxistes-léninistes. Le folklore rouge ne m’amuse plus depuis longtemps, mais dans leur cas, j’ai révisé mon jugement, puisqu’il ne s’agit pas d’un jeu, mais de militantisme assumé, au péril de leur vie parfois. Être redskin en Colombie, dans un pays où 4000 syndicalistes ont été assassinés en vingt ans, c’est choisir à dessein de rejoindre une tribu pourchassée. Aussi ahurissant que cela puisse paraître, il y a des néonazis en Amérique du sud. Mais dans le cas colombien, ils constituent les jeunesses des paramilitaire (ex-AUC, devenues depuis les Aguilas negras). C’est à des militants armés par les notables et les cercles liés au pouvoir que s’oppose le RASH Colombie, qui, corollaire, tend à alimenter les sections urbaines des guérillas, celle des FARCs en particulier.

Le RASH « Nueva Colombia » se définit d’abord comme « bolivarien ». La figure de Simon Bolivar, l’un des grands libérateurs du XIXe siècle, est quasiment sanctifiée. On le retrouve sur les badges, sur les tee-shirts. Politiquement, les jeunes militants rêvent d’une grande Colombie, vœu initial du Libertador, qui regrouperait l’Équateur, la Colombie et le Venezuela de Chavez, dont le régime est considéré comme un « paradis ».
Pour des raisons évidentes de sécurité, le RASH NC est bien plus structuré que les autres RASH du monde. Il possède un bureau politique, des commissions (formation, propagande, branche militaire). On n’obtient la qualité de membre qu’au terme d’une « période d’essai » d’environ deux ans, au cours de laquelle les aptitudes au combat révolutionnaire doivent être démontrées. Jeunes, d’origine sociale diverse, mais souvent issus de la petite classe moyenne, les quelques dizaines de membres de la section de Bogotá se retrouvent chaque week-end pour s’entraîner à la boxe, donner des cours d’alphabétisation dans les quartiers populaires, jouer au foot contre les Sharps (qui arborent un maillot bleu quand le RASH est en rouge), faire la fête en buvant de l’aguardiente ou de la bière « Club Columbia ». En revanche, dans ce pays où le gramme de cocaïne s’achète 4 euros, la drogue est formellement interdite sous peine d’exclusion. À Cali et à Barranquilla, les militants du RASH ont même l’obligation d’être straight-edge.
Quand ils sont étudiants, on tend à les retrouver dans le syndicat d’extrême gauche Andes, très actifs dans certaines facultés. Certains, comme le batteur de Komintern 43, dont le père syndicaliste et proche de l’ELN, a été abattu par l’armée en 1988, participent au Tribunal permanente de los pueblos (TPP), qui demande la justice et la fin de l’impunité pour les crimes commis par l’armée et les paramilitaires. À Bogotá, les liens avec le Polo Democratico, qui administre la ville, permettent d’organiser d’énormes concerts militants sur la principale place, (la place Bolivar, évidemment) avec des pointures internationales comme Banda Bassotti, qui y a joué en septembre 2007. Généralement, Komintern 43 en profite pour venir hurler ses refrains : « Libertad, igualdad y solidaridad, skinheads rojos y anarquistas. » Enfin,la section de Bogotá défile sous ses propres drapeaux et banderoles à l’occasion de traditionnelle manifestation du 1er Mai, ou encore lors de manifestations contre le fascisme d’État, contre la répression. En ces occasions est vendu le journal officiel, diffusé à hauteur de plusieurs milliers d’exemplaires, qui porte le joli nom de Barricada.

On l’aura compris, en arrêtant Freddy, l’État a cherché à décapiter un mouvement qui organise politiquement la jeunesse. Les sections du RASH Colombie peuvent, à certains égards, s’apparenter à des jeunesses révolutionnaires, capables de basculer rapidement dans la clandestinité. De mon séjour avec ces camarades, pour lesquels le mot « engagement » a vraiment un sens, je retiens surtout la vive fraternité, la dignité, la sérénité de ceux qui savent qu’ils voguent en un juste combat. Pâtre.


La condamnation :
Dix-sept ans de taule pour Faro !
La sentence est tombée, Freddy/Faro, notre camarade chanteur de Komintern 43 et animateur du RASH Bogotá, incarcéré depuis un an, vient d’être condamné à 17 ans de prison pour le meurtre d’un jeune néonazi. Meurtre qu’il a toujours nié. Pour l’instant, Freddy se porte plutôt bien même si ses conditions de détention à la Modelo sont très difficiles. La bouffe est infecte, la prison est crade. Chaque samedi, ses parents, sa compagne et sa fille lui rendent visite et lui apportent de la nourriture pour la semaine. Un appel est en cours, mais il a peu de chances d’aboutir favorablement au regard du contexte politico-social très agité de la Colombie. Freddy a absolument besoin de notre solidarité ! Nous préparons actuellement une compilation de soutien. Si vous voulez envoyer de l’argent : chèques à l’ordre de Barricata, mention « solidarité Freddy » au dos. P.


Et la bonne nouvelle : la relaxe!!! Adieu les 17 ans de prison!
C'est confirmé, excellente nouvelle! Freddy a été relaxé!
Enfin une bonne surprise!

On behalf of the entire membership of the section RASH BOGOTA, are fraternal revolutionary greetings.

On Saturday March 21 this year, at 1 am, Comrade FARO was released after the unanimous decision taken on Friday at the last hearing the court ruled that the innocence of our colleague.
After 1 year and 3 days, it was justice with our buddy beacon that was deprived of his liberty for a crime which was not involved and which had become a false positive, perpetuated by the State, in complicity of law enforcement and the neo-Nazi gangs in the capital.
It was a year where he tested the political and ideological strength of our organization and we can attest that came out victorious in this battle, both the organization as our partner, no hesitation and instantly knew to keep our cause and our horizon well up. We are subject dialects and know that tomorrow will be better as relays tables political and historical duty to fulfill their part.
Thank you for all the sections that contributed in one way or another for the freedom of our colleague to become reality. Even so, we are puzzled by the indifference and lack of support from many sections that did not seem to mind the situation that was our comrade FARO. Solidarity and proletarian internationalism is our best weapon to deal with the attacks of fascism anywhere in the world.

! Was JUSTICE, FARO IS FREE!
! BY OUR PRISONERS, not a minute of silence, a lifetime of FIGHT!
! HASTA LA VICTORIA SIEMPRE!

CENTRAL COMMITTEE, 1MDCREW

Publié dans Communiqués

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