[En vrac] Quelques lectures intéressantes

Publié le par SCALP87

C'est une liste non exhaustive mais voici quelques ouvrages intéressants et traitant divers sujets

Emile Pouget, le Sabotage ed. mille et une nuits

Pour les ouvriers dont le travail est exploité, « saboter », c'est enrayer la machine de production. Syndicaliste militant et cofondateur de la Confédération générale du travail, Émile Pouget (1860-1931), publie vers 1911-1912 un véritable manuel de résistance. Subversif, méthodique, il expose avec humour la théorie et la pratique du sabotage, du « vas-y mollo » à la grève du zèle, en passant par toutes les manières de ruiner l'image d'un patron... Car saboter n'implique pas forcément détruire. Étymologiquement, c'est « travailler comme à coup de sabot », faire du mauvais travail.

Si, comme on nous le dit, le travail est une marchandise, alors pour avoir du travail de qualité, il faut que les patrons y mettent le prix : « À mauvaise paye, mauvais travail ! »










Ricardo Flores Magon, propos d'un agitateur ed. libertalia



Ricardo Flores Magon (1873-1922) fut l’un des principaux théoriciens de la Révolution mexicaine. Responsable du journal Regeneración, il incarne la tendance radicale, anarchiste et poétique des mouvements qui combattaient pour la terre et la liberté (Tierra y Libertad). Le mouvement zapatiste contemporain de Marcos et la toute récente Commune de Oaxaca (2006) doivent beaucoup à cette pensée allégorique.















Simone Weil, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale ed. folio


" La période présente est de celles où tout ce qui semble normalement constituer une raison de vivre s'évanouit, où l'on doit, sous peine de sombrer dans le désarroi ou l'inconscience, tout remettre en question.
Que le triomphe des mouvements autoritaires et nationalistes ruine un peu partout l'espoir que de braves gens avaient mis dans la démocratie et dans le pacifisme, ce n'est qu'une partie du mal dont nous souffrons ; il est bien plus profond et plus étendu. On peut se demander s'il existe un domaine de la vie publique ou privée où les sources mêmes de l'activité et de l'espérance ne soient pas empoisonnées par les conditions dans lesquelles nous vivons.
Le travail ne s'accomplit plus avec la conscience orgueilleuse qu'on est utile, mais avec le sentiment humiliant et angoissant de posséder un privilège octroyé par une passagère faveur du sort, un privilège dont on exclut plusieurs êtres humains du fait même qu'on en jouit, bref une place ". Ce texte n'est pas d'aujourd'hui. Il est d'hier. Il a toujours été considéré par Simone Weil comme son œuvre principale.
En 1940, au moment où elle comptait quitter la France, elle disait y attacher une valeur particulière. Alain, qui avait lu le manuscrit, avait écrit à l'auteur que son travail était " de première importance " et qu'il faisait partie de ces rares travaux qui ouvrent " l'avenir prochain " et préparent la " Révolution véritable ".






Michel Bakounine  Dieu et l'Etat ed. Quartier libre



"Et si Dieu existait, il faudrait s'en débarrasser!" " Si Dieu est, l'homme est esclave ; or l'homme peut, doit être libre, donc Dieu n'existe pas.
" Dieu et l'Etat est l'ouvrage classique de l'athéisme. Ce plaidoyer matérialiste, rationaliste et radicalement démocratique, répond à Voltaire et à son " Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer " par " Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître ". Pour Boukine, l'idée de Dieu est étroitement liée à celle d'autorité et de hiérarchie. Pour lui, la religion est source d'esclavage et de misère et son Dieu et l'Etat frappe les tables de la loi comme un marteau en furie.
Il estime que la liberté humaine n'est possible que grâce à l'athéisme et l'anarchisme, formes radicales de la démocratie directe.




















Karl Marx  La guerre civile en France  ed. Mille et une nuits

Dans les derniers jours de mai 1871, les troupes d'Adolphe Thiers écrasent la Commune. De Londres, où il est exilé, Karl Marx a suivi la période révolutionnaire qui, depuis le 26 mars 1871, a vu le prolétariat parisien prendre le pouvoir dans la capitale assiégée par les Prussiens : c'est que, pour la première fois, a été mise en place une forme autonome de gouvernement ouvrier. Il ne croyait pas à la possibilité de la révolution. Il a été impressionné par l'héroïsme du peuple parisien. Au lendemain de la 'Semaine sanglante', il tire les leçons de la défaite : la guerre civile en France, en 1871, c'est le massacre de la population par le gouvernement français et son armée aux mains de la canaille bourgeoise de Versailles. Prendre le pouvoir ne suffit donc pas.









Elisée Reclus  L'évolution La révolution et l'idéal anarchique  ed. Quartier Libre

Publié dans Livres

Commenter cet article