Il faut savoir continuer une grève!

Publié le par SCALP87

IL FAUT SAVOIR CONTINUER UNE GREVE !


Petit retour sur les origines du syndicalisme.


Le SCALP rassemblant divers tendances cet article sur le syndicalisme révolutionnaire ne reflète pas la position du SCALP mais des positions individuelles en son sein.



Anticapitalistes, nous constatons que malheureusement les mouvements sociaux sont étouffés par des bureaucraties syndicales de plus en plus puissantes et cogestionnaires au détriment d’une base de plus en plus active et désireuse de justice sociale.

Après cette grande journée de mobilisation que fut le 29 Janvier (avec environ 2 millions de manifestants en France) l’incapacité des syndicats dits « représentatifs de droit » d’organiser à la base les travailleurs devient plus que préoccupant (Assemblée Générale d’entreprise, AG interpro, piquets de grève, sensibilisation massive, débrayage de boîtes…) localement nous avons assisté seulement à une AG interpro (à l’initiative de la CNT 87) qui certes méprisée des autres organisations syndicales, a eu le mérite de faire parler d’elle et de dépasser l’attentisme latent de « l’après manif ».

Devant tant de passivité syndicale, le SCALP 87 (venant non pas d’une vision du SCALP mais de certains membres militants également dans le syndicalisme révolutionnaire) vous propose un petit retour en arrière pour remettre les pendules historiques syndicales à l’heure, à l’époque où le syndicat était non seulement une arme de classe craint par le pouvoir étatique et patronal mais également une organisation porteuse d’un projet de société future pour les classes laborieuses opprimées.


Descendant du principe de mutuelles ouvrières (association d’entraide, de lutte contre la faim et la misère ouvrière par des ouvriers eux-mêmes formés dans la solidarité) le syndicat apparaît réellement lors de la fusion de la fédération des bourses du travail avec la fédération nationale des syndicats qui donna naissance à la CGT en 1895 à Limoges. Syndicaliste révolutionnaire de part l’adoption de la Charte d’Amiens en 1906, la CGT d’époque préconise la grève générale expropriatrice, le sabotage (diminution de la cadence de productivité pour faire capoter la loi du marché et exercer une pression sur le patron) et la réappropriation des moyens de production par les travailleurs eux-mêmes qui, concertés à travers le syndicat, mèneront le but d’instaurer le « communisme libre » d’abolir les classes, le salariat, le patronat, le capitalisme, l’exploitation.


Ainsi le syndicat, véritable arme révolutionnaire pour le travailleur organisé et en lutte va à travers des séries de grèves générales, sabotages, boycotts, actions, pressions ouvrières massives, combats souvent réprimés dans le sang… arracher aux patrons et au gouvernement les acquis sociaux dont nous pouvons nous vanter aujourd’hui (tout du moins pour l’instant, car les réformes capitalistes-libérales actuelles visent à la casse sociale totale des acquis…) :

-30 mars 1900, journée légale de travail limité à 10h.

-1904, le cap des 1000 grèves dans l’année est dépassée.

-13 juillet 1906, loi sur le repos hebdomadaire obligatoire, le dimanche devient jour légal de repos.

-17 juin 1913, loi instituant le repos des femmes en couches.

-5 avril 1928, loi sur les assurances sociales.

-20/21 juin 1936, loi sur les 40h et sur les 15 jours de congés payés.

-4/19 octobre 1945, ordonnances sur la sécurité sociale.

-11 février 1950, loi sur le salaire minimum (SMIG).

-16 mai 1969, quatrième semaine de congés payés.

-3 janvier 1975, loi sur le contrôle des licenciements économiques.

-13 janvier et 4 août 1982, les 39h et la cinquième semaine de congés payés.

-10 février 1998, loi sur les 35h.


Le syndicat et les grévistes nous prennent en otage parait-il… pourtant le travailleur lambda non-gréviste est bien content de trouver l’augmentation de salaire, l’amélioration des conditions de travail acquis lors d’une grève durement gagnée non ?


Qu’est-ce qui a fait l’intérêt des services publics ?

Une nationalisation dirigée par des technocrates ou le contrôle ouvrier imposé par des syndicats de classe puissants ?


Qu’est-ce qui a fait la force de la sécurité sociale en France ?

Sa tutelle « publique » ou le salaire socialisé défendu par des confédérations syndicales de combat ?


Qu’est-ce qui a fait la force de la sociabilité de la classe ?

Des associations financées par les collectivités territoriales ou l’investissement des militants syndicaux dans des organisations ouvrières d’entraide ?


Qu’est-ce qui a fait la force du mouvement ouvrier ?

Des partis gérant une multitude d’institutions bourgeoises ou des confédérations autrefois organisées à partir des syndicats d’industrie et des Unions Locales ?


Qui a obtenu les acquis sociaux de la classe salariale ?

Des campagnes électorales ou les luttes interprofessionnelles lancées par les organisations syndicales ?


Etre syndicaliste ce n’est pas seulement désirer une augmentation de salaire ou d’autres améliorations semblables ; ce n’est pas limiter son horizon à ces seules revendications d’aménagement. C’est ne jamais perdre de vue l’idéal de justice sociale et l’affranchissement total des travailleurs.

Les syndicats connus et représentatifs ne sont plus aujourd’hui que des accompagnateurs sociaux, des « partenaires », des régulateurs et aménageurs du capitalisme… pourtant il n’en fut pas toujours ainsi, le syndicat a bien été à l’origine l’organisation révolutionnaire prisée du prolétariat pour renverser le capitalisme et ses injustices, faire changer la peur de camps, éduquer le travailleur de manière combative pour qu’il reste debout et se prépare à gérer la société future, instaurer une société de producteurs librement associés par une conscience d’entraide, de solidarité et d’autogestion afin de subvenir aux besoins du peuple.


L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes !

Nous n’aurons que ce que nous prendrons !


Des vidéos pour illustrer cet article


http://www.pelloutier.net/dossiers/dossiers.php?id_dossier=255





Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

vert chez moi 24/02/2009 13:52

je ne sais pas si je suis forcément plus radical ou plus censé que le NPA ;)
même si j'ai chez eux (et à la CNT comme ailleurs) ici ou ailleurs de très bons camarades
je suis "opposé" à un discours trop simpliste autour de l'anticapitalisme, l'économie, la société...

Pour en revenir à ce que tu disais :
heu je ne sais pas si on s'est très bien compris
mais justement j'ai tenté de montré qu'il y avait des incohérences entre "auto gestion" (pour moi qui doit etre citoyenne ;))
et domination prolétaire
(les méthodes proposées et certains propos le sous entendent d'où ma gène...)
(même si je "comprends")

je constate d'ailleurs que nous sommes plutôt d'accord : je préfère largement ta vision "communiste libertaire" (et tes derniers propos)
que celle plus "dictateur du prolétariat"

Mais justement dans les méthodes voir dans les propos je ne faisais que pointer du doigt une tendance à tendre vers l'une plutôt que l'autre
(notamment avec l'importance donné au "prolétariat" qui pourrait alors se transformer en nouveau dominateur...)

(enfin je constate tout de même que les institutions que tu mettrais idéalement en place viendraient alors "affronter" les éventuels décisions des "prolétaires-producteurs ;) )


(Mais ceci dis je pense que nous n'avons pas forcément la même vision de la société idéale en terme "d'institutions" en tout cas... lorsque tu parles de "conseils et assemblée du peuple" :
je constate que tu as une idée assez précise des "institutions" que tu aimerais voir apparaitre...
je dois t'avouer que je n'ai pas forcément les mêmes...)

Ceci dis comme tu le dis très bien tout ne se fait pas du jour au lendemain ;)
je constate par ailleurs que tu sais retourner mon argumentation (travail, consommation, prix...) en réutilisant certaines expressions, comme j'ai pu le faire moi même pour dévoiler quelques contradictions ;)

quand je parle de territoire je parle d'un "espace géographique où vivent des citoyens..."
(pas forcément Etat, région, département, ville... non un espace où on vit tout simplement)

quand je parles de salariat c'est pour mieux en sortir ;)
(comme quand les décroissants parlent de croissance pour en sortir ;) : pour ça que je préfère l'acroissance )

quand je parle de patronat de même...
Nous avons tendance à parler de l'existant sans vraiment parler de l'alternative...
et nous avons même tendance à en faire des "références" (puisque pour combattre il faut s'y référer...) (je ne suis pas certain que ça soit forcément la bonne méthode...)
toi comme moi ;)


Nous sommes par ailleurs d'accord sur la difficulté à réveiller le "rationalisme" des hommes
que cela soit du jour au lendemain... ou progressivement ;) dans les 2 cas cela ne se fait pas en claquer des doigts...
(ceci dis l'évolution progressive n'est pas impulsé par rien : elle se fait par petites et grosses touches : l'éducation, l'histoire, l'etat de la société, l'environnement proche...)
(nous voyons d'ailleurs cette évolution autour de l'écologie : la vision de la société progresse...)
(meme si malheureusement l'écologie a toujours tendance à etre la dernière roue du carosse, le truc dont on s'occupe apres s'etre occupé de tout le reste)

Sinon
Attention je ne confonds pas les premiers militants Cénétistes ;) et ceux d'aujourd'hui... c'est à toi que je m'addresse pas à eux...
(meme si eux même, comme nous d'eux, avaient propres contradictions : nous nous construisons tout les jours...)

j'ai un profond respect pour tout ceux qui parlent leurs luttes, inventivités, esprits d'alternatives, ont participé à l'ensemble des luttes qui ont construit l'Histoire notamment à partir de "petites et grandes histoires"

Pour le reste assez d'accord, et bonne petite discussion
(d'ailleurs j'ai bien aimé ton article mais je souhaitais en pointer quelques points ;) )

Pti'Mat 24/02/2009 13:23

J'admets que tu as à des moments un discours plus radical, tout du moins plus censé que le NPA87 (sisi c'est un compliment ^^).

Néanmoins je persistes à croire malgrès ta réponse où nous avons pas mal de choses en commun, que il ya un manque de cohérence dans le fait que tu parles d'autogestion en parlant d'un maintient de classe dominante même prolétaire soit-elle (car contrairement aux "communistes de partis"), nous visons à abolir directement cet effet de domination prolétaire, biensur ce n'est que de la théorie et les apssages dans l'histoire ont été courts mais enrichissant lorsque révolutionnaires/libertaires géraient la production et la société, nous savons très bien que celà n'est pas logique de passer en système d'autogestion en claquant des mains, néanmoins oui économiquement nous assurerions le control des travailleurs et politiquement et économiquement nous laisserons ça aux conseils et assemblée du peuple, là est la différence avec une "dictature du prolétariat" de type parti. Tu parles également d'autogestion en gardant le principe de société de travail et non de loisir (alors que tu le sais très bien qu'une société de type communiste libertaire favorise le loisir, la connaissance, la culture par rapport au travail, d'où notre slogan et base "travaillons tous moins et autrement"), ce qui est surement aussi une petite différence avec le productivisme socialiste bureaucratique. Tu parles également d'un maintient de salaire, prix en consommation alors que notre système proposera des formes nouvelles pour l'accès aux besoins vitaux, l'échanges, je ne dis pas abolition d el'argent mais au moins faire en sorte de changer notre rapport de sacralisation à cette féraille. Biensur faire des hypothèses n'est guère vraiment constructif au sens présent et réel, notre pouvoir c'est l'AG, le conseil et bienévidement la décision leur revient de quoi faire. Donc je maintient moi mon propos que enfait toi-même et tu le dis tu garderai ce système actuel en l'amènagement. Tu gardes la notion de "térritoire", de "salariat", de "patronat", d'"état"...je ne vois donc pas vraiment le changement.

Tu te base également sur l'hypothèse d'une rupture inée où la responsabilité d echacun (aujourd'hui endormie) se réveillerai, évidement ce serai l'idéal, mais loin l'idée d'être une avant-garde éclairée, je laisse ça aux partis idéologiques et organisations phylosophiques, je considère que le formatage est très bien encrée, j'en fait parti, nous tous, et je considère que l'organisation est non pas obligatoire mais nécéssaire, car c'est notre seul arme réelle contre le système, je ne crois pas en "l'évolution progressive" qui ne serai impulsé par rien et c'est là que j'ai une analyse marxiste de la chose depuis que la socié&té humaine existe il ya oppresseurs et opprimés c'est indéniable, ce schémas n'a jamais été intérrompu au cours de l'histoire, je considère donc que le formatage est bien trop grand pour attendre que le rationalisme humain s'éveille en claquant des doigts.

Il serai d'ailleur mal-venu de parler "d'avant-garde" à de smilitants cénétistes, ces mêmes militants qui en espagne avec de sprofs ont crée les premières écoles laïques, gratuites basées sur le rationalisme et non pas le culte du syndicat, l'évocation de n'importe quel mot idéologique, "anarchisme", "communisme, "syndiclaisme révolutionnaire"... été même fortement déconseillé pour que les gosses gardent tout leur esprit rationnel, libres à eux avec l'éducation de choisir leur chemin d'idée et d'organisation.

C'est là que je considère l'action présente (car nous nous sommes un peu égarés, surement par ma faute, dans "l'après" or si la CNT est là c'est surtout pour le présent, l'idéologie issue de la pratique et non pas l'inverse) provoquer le réveil de la raison et je considère effectivement que c'est le travail d'un syndicat comme la CNT, c'est là que plus haut j'avai parlé "d'éducation du travailleur", non pas le lavage de cerveau mais provoquer par la pratique, par l'émergence de nouveaux rapports, le réveil du rationnel qui permet une société d'autogestion et de responsabilité.

vert chez moi 24/02/2009 11:42

et pour résumer tout de même
le principal truc qui nous différencie il me semble (via l'idée du prolétariat) c'est l'idée que nous nous faisons du travail

http://jeanzin.fr/index.php?2007/03/21/81-changer-le-travail-changer-la-vie

(ta manière de présenter les choses te rapprocherait plutôt des "marxistes" tel que défini et un brin caricaturé dans l'article des jeunes verts cités plus hauts...)

dans ta vision des choses le dominant (qui serait majoritaire oui je sais bien... mais...) l'est parce qu'il est un travailleur, un producteur...

http://jeunesverts.org/spip/spip.php?article36
(cela peut venir en complément avec l'autre article cité plus haut
et qui permet de mesurer à la fois la complémentarité et les ressemblances
mais aussi des différences autour du prolétariat et le travail)
(et visiblement des différences sur notre idée de la démocratie... ou des "institutions idéales" dirons nous)

Pour moi c'est donner beaucoup (beaucoup trop ?) d'importances au Travail mais aussi à la Consommation, à la Production (de produits mais aussi de services...)
nous en resterions alors à une société où les biens et les services (produits, consommés... grace au travail) seraient Importants...

beaucoup trop important, symboliquement en tout cas et donc sociétalement...

il n'y a pas que le travail dans la vie ;)
et une société vraiment radicale devrait être une société accordant donc moins de valeur au travail, aux biens, à leurs consommations...

(et qui d'une manière ou d'une autre "n'idéalise" ni le Patron Capitaliste ni le Travailleur Communiste ;) si je voulais faire une caricature...)
(en clair ce n'est pas parce qu'on "produit" : patron ou travailleur, qu'on devrait être le "dominant" ...)

pour lectures et reflexions (je n'en partage pas forcément toutes les idées, mais Jean Zin a le mérite de proposer des idées radicales dont on entend pas parlé...) (très proche du marxisme mais établissant de belles reflexions critiques) :

http://jeanzin.fr/index.php?2008/10/12/151-la-fin-du-capitalisme-vraiment

http://jeanzin.fr/index.php?2006/04/05/41-la-revolution-du-revenu-garanti

http://jeanzin.fr/index.php?2006/10/18/68-revenu-garanti-cooperatives-municipales-et-monnaies-locales

vert chez moi 24/02/2009 11:22

le problème avec la vision de classe c'est qu'elle a tendance à se baser sur des "vieilles classes" sans en voir les évolutions... et à se baser sur une vision qui est celle du 19ème siècle-20ème siècle... et non du 21ème...

sans compter qu'elle a tendance à amener une caricature de la vie , où il y aurait les "opprimés" et les "oppresseurs" alors que la vie est bien plus complexe (et heureusement) que cela... notamment parce que les opprimés et oppresseurs traversent toutes les classes...

Mais revenons à tes propos

Le Citoyen inclut tout le monde oui : du salarié au patron en passant par les chomeurs...
Pour moi le citoyen est tout simplement une personne vivant sur un territoire donné...
(cela va au delà de l'Etat... puisque un étranger papier ou sans papier serait un citoyen comme un autre malgré les règles en cours actuellement...)


Pour toi même en parlant de prolétariat moderne tu auras rapidement un problème à définir la complexité "nouvelle" des classes...
(même si des textes déjà anciens ont par exemple émis des reflexions sur une hiérarchie et des responsabilités différentes...)

D'ailleurs le classe dont tu parles semble seulement la classe "créatrice" et qui serait exploité
cela me pose problème car nous aurons toujours du mal à définir ce qu'est réellement la création, le travail (qui qualifie ? qui décide ?) ...
surtout si on ajoute que le patron peut lui même effectuer un travail (qui va bien au delà de la simple exploitation...)

dans "ta société" comme dans "la mienne", il me semble que les forces répressives comme le patron tendent à disparaitre "naturellement"...


Concernant les "services publics" tu laisses entendre que je parlais d'une cogestion de classe, une démocratie bourgeoise...
ce n'est pas tout à fait ça

et d'ailleurs nous pouvons appliquer cela au delà "des services publics" en appliquant la démocratisation de toutes les entreprises...

dans ta société (en tout cas la façon dont tu la présentes) nous voyons beaucoup les "travailleurs" mais pas "les consommateurs-citoyens des produits crées" , pas les "voisins"...
Même si on peut supposer (et c'est le cas) qu'ils sont tous les mêmes, j'ai tout de même un problème avec une société où il y aurait encore une classe dominante d'une manière ou d'une autre (ici la classe "prolétaire")

Imaginons que les travailleurs soient les seuls responsables de leurs productions , de leur "entreprise"
sont ils pour autant "responsables" ?
quel pouvoir ont ils pour fixer les prix et comment ? quel impact sur l'environnement (aussi bien environnement naturel que humain)

Le mot "Responsabilité" devient alors pour moi très important...
Cela rentre d'ailleurs en contradiction avec d'autres propositions (l'autogestion n'est pas forcément la "domination" du prolétariat...)
Le prolétarit peut il (de la meme manière que l'Etat ? que le patron ? que l'actionnaire ?) imposer aux citoyens d'un territoire donné sa vision des choses, ses projets (...)

pas si simple... car cette vision idéale (communisme) de la société s'effrondre dès lors que les consommateurs-citoyens refuseraient l'ordre "établi" (en consommant... ou ne consommant pas) , dès lors que le prolétariat (qui n'est pas plus intelligent que des bureaucrates ou des patrons...) chercherait par exemple à produire tout en créant des nuisances
(on peut imaginer des nuisances environnementales, mais touchant aussi les hommes : bruits...)

La chose devient alors plus complexe... je ne sais si tu vois où je veux en venir ? Mais une société pour marcher idéalement doit prendre en compte sa complexité...


Tu dis : abolition de "camps" ou "classe" ne vient qu'à la fin, une fin jusqu'à présent qui a toujours échoué soi par vanité bureaucratique et contrôle de parti, soi par répression.

Certes... Mais à un moment lorsqu'il y a "organisation" on finit malheureusement par aboutir à "un parti" ou "un syndicat" ou quelquechose qui s'en rapproche...

L'idéal serait qu'il n'y ait pas d'organisation mais bien une évolution progressive des citoyens (je préfère ce terme car j'y inclue tout le monde)
Si il y a échec c'est parce qu'il y a "organisation" (qui se pollue de l'intérieur par les défauts naturels des hommes...) ou "repression"
Mais pas seulement : la société (les citoyens) doit être prête

je ne crois absolument pas à une avant garde prolétarienne... ;) si tu vois où je veux en venir : c'est quand on croit avoir raison qu'on a tendance à virer à une organisation pouvant s'apparenter à un parti (en adoptant peu à peu les défauts : celui de "s'imposer", de devenir le "dominant" ...)



Tu dis :
Ta vision citoyenne évite à tout prix l'affrontement ce qui est biensur assez normal pour quelqu'un qui ne veut pas d'un changement radical de société et de ses institutions, ce n'est qu'une vision d'amènagement, qui préconise un capitalisme plus social ou au mieu une sociale-démocratie, mais sache que pour moi, militant révolutionnaire, les problèmes fondamentaux demeurreront, nous l'avons vu au cours de l'histoire.


Ma vision des choses est peut être plus radicale que la tienne
puisque comme je le disais plus haut je ne crois pas en l'avant garde pseudo révolutionnaire... (qui a toujours tendance à faire des procès en sorcelerie capitaliste comme tu viens une fois de plus d'en faire un ;) )
quand on croit que l'on a raison on oublie que l'on a peut être tord...

selon toi je ne voudrais pas de changement radical
car je ne veux pas d'affrontement
c'est une vue de l'esprit...
et elle t'est bien pratique pour chercher des "ennemis" et leurs "complices/collaborateurs"

sauf que ce sont justement de mauvaises méthodes (les tiennes ;) les votres) qui accompagnent "nos" trop molles "réformes"...
quand il y a affrontement il y a logiquement repression... (surtout si la société ne veut pas de vos projets et donc ne vous accompagne pas ;) )

je trouve de plus bien pratique de dire que du moment qu'on est pas avec vous (on a le droit d'avoir d'autres méthodes) , nous souhaitons maintenir le capitalisme

pour moi toutes les méthodes se valent... voir c'est peut être leur mise en "concurrence" (plutôt que 1 + 1 + 1 + 1 sans forcément union...) qui a abouti à nous maintenir tous dans ce système


en résumé ta vision des choses semble dominé (malheureusement dans tes propos c'est ce qui est ressort) par l'idée d'une avant garde prolétaire révolutionnaire (qui aurait forcément raison ;) )
ma vision des choses n'est pas d'accompagner le capitalisme mais bien de soutenir toutes les luttes qui le détruisent peu à peu de l'intérieur (il se détruit d'ailleurs relativement bien aussi tout seul...)
soutenir les luttes qui me semblent aussi des alternatives à court, moyen ou long terme...
cela peut être des réformes comme des actes plus radicaux ou révolutionnaires

le capitalisme doit être assiégé à la fois de l'intérieur et de l'extérieur... les résistances doivent être multiples, différentes, divers, diversifiés... petites et grandes... comme des caresses mais aussi comme des coups de batons...
(l'art de la "guerre" semble malheureusement pas trop le fort des révolutionnaires si j'en juge l'histoire en effet... je suis sur que tu vois où je veux en venir là aussi...)


sur la Charte que tu cites... je la trouve pas si radical et violente que ça...
(la violence n'est d'ailleurs pas forcément la radicalité...)
Par contre je la trouve très utopique... très sur d'elle aussi (c'est ce que je disais sur l'idée d'une avant garde)
et non viable (si mis en place) à court comme à moyen/long terme
Nous passons d'une société sous domination... à une société sous nouvelle domination (prolétarienne et persuadée d'oeuvrer pour le bien de tous... persuadée de protéger tout les citoyens...)


et si je peux comprendre tout à fait le dégout de la CNT française en 46 (suite à la révolution espagnole)
je constate malheureusement qu'elle n'en a pas forcément tiré toutes les bonnes conclusions...

si ils ont raison d'être dégouté que les démocraties européennes ne soient pas intervenus, il faut aussi le remplacer dans le contexte (la révolution espagnole tu le sais est complexe ;) )
(notamment un refus de soutenir d'éventuels communistes... ce qui a pour effet de n'aider personne, ni les démocrates espagnols, ni les communistes, ni les anarchistes...)

(sauf erreur de ma part en adoptant cette charte en 1946, la CNT semble se rapprocher alors plus des communistes russes ;) que des anarchistes...
surement inspiré par la "réussite" des révolutions russes... et sans illusion sur l'anarchisme et l'auto gestion...)

bref pas certains qu'ils aient tiré toutes les bonnes conclusions... et certain que cette charte a malheureusement idéalisé d'autres révolutions sans réel recul
(surtout quand on sait la répression dont on pu être victime les anarchistes en URSS...)


(ceci dis je trouve le texte http://www.cnt-f.org/spip.php?article69 complet bien plus interessant que ces petits extraits ;) )
(preuve que ce texte a été écrit par plusieurs mains pas forcément d'accord ;) et qu'on y lit bien ce qu'on veut : certains éléments pourraient d'ailleurs en inspirer plus d'un me semble t'il...
les méthodes et "utopies" "domination par les prolétaires" qu'on retrouve d'ailleurs dans les extraits cités ne montrent ils pas des contradictions avec des critiques déjà établis : organisation qui tend à se "bureaucratiser" )

c'est bien la tout le problème d'une avant garde révolutionnaire prolétarienne qui oeuvrerait pour le bien commun persuadé d'avoir raison ;)
(et ce serait alors la même erreur qu'une révolutionnaire bourgeoise ;) ) (et grosso modo les mêmes erreurs que les révolutionnaires russes, chinoises, et ne parlons même pas de toute celle avorté... même si chacune a ses spécificités...) (nous pourrions même faire des parallèles avec des tentatives de coup d'etat fasciste... et leurs échecs ou succès... progressives ou non...)

Pti'Mat 23/02/2009 13:04

Je vais te répondre car en locurence c'est moi qui ai écrit l'article.

Je comprends ta vision, mais ce n'est pas la mienne car j'ai une vision de classe, de lutte des classes et non citoyeniste. Tu préfère le "control citoyen" au "control ouvrier", faudrait que tu me dise ce que tu entendes par "citoyen", par ouvrier j'entends salariés, j'entends "prolétariat moderne", c'est à dire tous ceux qui n'ont pas le pouvoir de décision sur ce qu'ils créent tant materiellement que intellectuellement. Pour moi citoyen comprend le patron, comprend les forces répressives de l'état et comprend justement la notion d'état (notion vouée a disparaitre dans le syndicalisme révolutionnaire car basé sur la lutte des classes en vue d'un communisme libre.)

Tu parle "d'esprit démocratique" en faisant allusion à une cogestion de classe, une démocratie bourgeoise "les services publics qui ont réellement bien marchés sont ceux qui ont su associé citoyens/consommateurs , travailleurs, et responsables (etat, élus ou patron...) dans un esprit démocratique où chacun était réellement gagnant en terme de qualités, de prix, de services, de conditions de travail, de salaires..." J'estime que celà ne remet pas en cause l'exploitation d'une classe sur une autre, l'exploitation de l'homme par l'homme, maintient le plan riche/pauvre dans la société, maintient la notion de salariat et donc maintient le schéma d'une classe minoritaire dirigeante (je te laisse deviner laquelle) sur une classe majoritaire et qui produit tout (je te laisse aussi deviner).

Pour ce qui est d'éducation populaire et auto-éducation on est d'accord, par contre ne pas perdre de vu que "que viens faire l'expression "faire changer la peur de camp" , dans une société de l'autogestion il faudra aussi accepter les complexités de la société... et s'enlever peut être de la tête cette idée de "camp" "classe"... " faire changer la peur de camps relève du moyen, car j'estime que la classe ouvrière est une hyper-puissance méprisée et que abolition de "camps" ou "classe" ne vient qu'à la fin, une fin jusqu'à présent qui a toujours échoué soi par vanité bureaucratique et control de parti, soi par répression.

Ta vision citoyenne évite à tout prix l'affrontement ce qui est biensur assez normal pour quelqu'un qui ne veut pas d'un changement radical de société et de ses institutions, ce n'est qu'une vision d'amènagement, qui préconise un capitalisme plus social ou au mieu une sociale-démocratie, mais sache que pour moi, militant révolutionnaire, les problèmes fondamentaux demeurreront, nous l'avons vu au cours de l'histoire.

Je le redis, je comprends ta vision, mais ce n'est pas la mienne, j'irai plus loin et pour celà je te mets un extrait de la charte du syndicalisme révolutionnaire, adoptée au congrès constitutif de la CNT française en 1946:

"En ce qui concerne la grève générale expropriatrice, premier acte révolutionnaire qui sera marqué par la cessation immédiate et simultanée du travail en régime capitaliste, le Congrès affirme qu'elle ne peut être que violente. Elle aura pour objectif:
-1° priver le capitalisme et l'état de toute possibilité d'action en s'emparant des moyens de production et d'échange et de chasser du pouvoir ses occupants du moment;
-2° de défendre les conquêtes prolétariennes qui doivent permettre d'assurer l'existence de l'ordre nouveau;
-3° de remettre en marche l'appareil de la production et des échanges, après avoir réduit au minimum (pour la prise de psosession) le temps d'arrêt de la production et des échanges ruraux et urbains;
-4° de remplacer le pouvoir étatique détruit par une organisation fédéraliste et rationelle de la production, de l'échange et de la répartition.

Confiant dans la valeur de ce moyen de lutte, le Congrès déclare que le prolétariat, no nseulement saura prendre possession de toutes les forces d eproduction, détruire le pouvoir étatique existant, mais encore sera capable d'exploiter ces forces dans l'intérêt de la collectivité affranchie et de les défendre contre toute entreprise contre-révolutionnaire, les armes à la main, et de donner à l'organisation sociale la forme qu'exigera le stade d'évolution atteint par les individus vivant à cette époque"

Alors biensur c'est radical et violent cette charte (venant notament peut-être du dégout, de la déception, de la désillusion d'avoir perdu la révolution espagnole, de voir que les démocraties d'époques ont refusé soutenir les forces armées antifascistes, de voir la cration de bureaucratie à l'intérieur de la révolution et de nouveaux dirigeants...) Mais nous ne sommes pas plus radicaux que la misère qu'on nous impose.