La situation empire au Chiapas!

Publié le par SCALP87

  • Les communautés zapatistes face à la répression, à l’occupation militaire et à l’intensification des agressions paramilitaires

  • Depuis plus d’un an, la situation ne cesse de se dégrader au Chiapas. L’offensive actuelle est, aux dires de nombreux observateurs, « sans précédent depuis 1995 ». Pour la première fois depuis plus de dix ans des cas de torture et de disparitions sont rapportés. La situation, par sa gravité, rappelle celle qui existait dans les derniers mois de 1997 et qui a conduit au massacre d’Acteal où 45 personnes, essentiellement des femmes et des enfants ont été assassinés. Les agressions des groupes paramilitaires comme l’Opddic et Paz y justicia sont quasi quotidiennes. Le gouvernement tente également d’expulser les communautés zapatistes des terres récupérées en 1994 par des moyens « pseudo-légaux ». Suite à la modification de la Constitution mexicaine en 1992 modifiant le statut de la propriété de la terre, celles-ci peuvent dorénavant être vendues individuellement. Le gouvernement distribue donc des titres de propriété des terres occupées par les zapatistes à des membres des groupes paramilitaires ou des organisations progouvernementales. Les zapatistes deviennent du jour au lendemain des occupants illégaux et les paramilitaires vont réclamer devant les tribunaux leur expulsion. L’autre moyen est de créer des réserves de biosphère et d’expulser ensuite les communautés se trouvant dans celles-ci. Car il est bien connu que ce sont elles qui déforestent et que ces réserves seront bien mieux gérées par des fondations privées!

  • Ces attaques menées contre les communautés zapatistes et leurs autorités autonomes laisse augurer d’un avenir sombre. Dans une de ses dernières déclarations, le 16 décembre 2007, le sous-commandant Marcos déclarait : « Les signes annonciateurs de la guerre sont clairs. La guerre comme la peur a son odeur. Et aujourd’hui, on commence à respirer son odeur fétide sur nos terres. »

  • Rappelons que le mouvement zapatiste représente un cas exemplaire de construction de l’autonomie indigène, dans la quasi-totalité des domaines de la vie économique, éducative, sanitaire, judiciaire, et en matière d’autogouvernement. L’organisation sociale horizontale mise en place par les zapatistes, leur capacité à s’organiser d’en bas, à prendre en main leur propre destin, à utiliser au mieux, tout en les respectant, les ressources naturelles, devraient nous inciter, en ces temps d’accélération des politiques de destruction de l’environnement et de mise à mal de l’autonomie alimentaire des populations, à redoubler d’efforts pour nous solidariser avec ce mouvement.

  • Face à ces agressions, dès l’année dernière, la commission Sexta de l’EZLN avait lancé une campagne mondiale pour la défense des terres et des territoires indigènes et paysans, autonomes, du Chiapas, du Mexique et du monde
  • Le GT Amériques du SI de la CNT.


  • CAMPAGNE MONDIALE POUR LA DÉFENSE DES TERRES ET DES TERRITOIRES INDIGÈNES ET PAYSANS, AUTONOMES, DU CHIAPAS, DU MEXIQUE ET DU MONDE

  • Frères et sœurs du Mexique et du monde,
  • Ici au Chiapas, une nouvelle offensive contre les communautés indigènes zapatistes a été lancée par des groupes paramilitaires liés au PRI et au PRD, avec le soutien du gouvernement chiapanèque (PRD) et du gouvernement fédéral (PAN), de leurs institutions agraires et d’anciens grands propriétaires terriens qui avaient dérobé les terres à nos peuples, ainsi que des forces armées et des forces de police, tous unis au sein d’une évidente conspiration pour déposséder les communautés zapatistes des terres et des territoires pour lesquels elles se sont battues, versé leur sang et donné leur vie en 1994.

  • Ici au Chiapas, grâce aux milliers de compañeras et de compañeros miliciens et membres des bases d’appui zapatistes, nous avons effectué une véritable réforme et révolution agraire sur les bases de notre loi révolutionnaire agraire de 1993. Grâce à la reprise révolutionnaire de terres et de territoires, des milliers de familles zapatistes et non-zapatistes peuvent survivre, qui avant 1994 avaient été spoliées de leurs terres, de leur vie et de leur autonomie. Aujourd’hui, ces peuples et ces familles ont une terre pour la travailler, une terre pour y construire leur communauté, une terre pour construire un avenir meilleur. Pour les peuples indigènes, paysans et ruraux, terre et territoire représentent plus qu’une simple source de travail et d’aliments, ils sont aussi culture, communauté, histoire, ancêtres, rêves, avenir, vie et mère.
  • Mais aujourd’hui, ici au Chiapas, et comme dans beaucoup d’autres endroits au Mexique et dans le monde, le pouvoir et le néolibéralisme ont entrepris une véritable contre-réforme agraire et une contre-révolution agraire. Comme dans l’ensemble du Mexique et dans de nombreux pays où des réformes agraires ont été effectuées – que ce soit par le haut, par des gouvernements révolutionnaires, ou par le bas, par des mouvements sociaux ou là où des peuples défendent leurs territoires contre la privatisation -, on tente de déposséder les communautés des terres et des territoires qu’elles ont repris, en mobilisant l’armée ou les paramilitaires, en faisant jouer des lois autorisant la privatisation, en recourant aux autorités agraires, aux partis politiques, à de faux discours conservationnistes ou environnementalistes, à la biopiraterie et à la pollution par les OGM, et ainsi de suite, tout étant bon pour transformer en marchandise la terre, les territoires, la biodiversité et la vie elle-même.

  • Ici au Chiapas, comme dans le monde entier, partout où des indigènes, des paysans et des paysannes, des pêcheuses et des pêcheurs traditionnels et autres peuples ruraux défendent leur droit à la terre et au territoire et où des peuples sans terre luttent pour la terre et pour le territoire, tous ont à affronter une attaque du pouvoir.

  • Partout dans le monde, c’est la même histoire. Notre lutte est votre lutte.
  • Réunis ici, à San Cristóbal de Las Casas, en ce 25 mars 2007, nous, Commission Sexta de l’EZLN, adhérents locaux, mexicains ou d’autres pays à L’Autre Campagne et organisations sœurs mexicaines et d’autres pays, nous appelons et nous convions toutes les organisations et les personnes du Mexique et du monde à engager une « Campagne mondiale pour la défense des terres et des territoires indigènes et paysans, autonomes, au Chiapas, au Mexique et dans le monde ».

  • Nous appelons à une campagne mondiale de soutien mutuel des peuples ruraux et d’autres peuples qui sont d’accord pour défendre nos droits et nos luttes pour le droit à la vie et à la dignité ; nous appelons à unir nos forces à d’autres, et par exemple de relier la Campagne globale pour la réforme agraire de Vía Campesina à la Campagne mondiale pour la défense des terres et des territoires indigènes et paysans, autonomes, au Chiapas, au Mexique et dans le monde.

  • Frères et sœurs,
  • Nous vous invitons à obtenir des adhésions locales, nationales et internationales et de faire que l’on s’engage à effectuer des actions conjointes de solidarité mutuelle.
  • La lutte pour la défense de la terre et du territoire est la lutte pour la vie et pour la dignité.
  • Detrás de nosotros, estamos ustedes.”

  • En réponse à cet appel, le Centre d’analyse politique et de recherches sociales et économiques (CAPISE) a crée des Brigades d’observation - Terre et Territoire, composées de volontaires de la société civile mexicaine et internationale, dans les zones les plus menacées par les agressions et exactions des bandes paramilitaires. La documentation collectée dans le cadre de ces observations est rassemblée, publiée et renforcée par une étude juridique des atteintes aux droits des communautés indigènes. Elle est complétée par des actions en justice, accompagnées de dénonciations publiques.

  • Cette association de San Cristobal de Las Casas, au Chiapas, effectue par ailleurs un travail d’information essentiel sur la guerre de basse intensité que le gouvernement mexicain mène depuis plus de quatorze ans contre le soulèvement paysan indigène zapatiste. Ces dernières années, le CAPISE a étudié la stratégie sous-jacente au déploiement de l’armée fédérale et démontré les liens existants (armement, entraînement, financement, protection) entre celle-ci et les différents groupes paramilitaires opérant contre les communautés zapatistes.

  • Le Secrétariat international de la CNT rappelle que notre organisation est signataire de la VIème déclaration de la forêt Lacandone et adhérente de la Otra Campana. Nous incitons toutes celles et tous ceux qui le peuvent et le souhaitent à participer à une de ces brigades d’observation - Terre et Territoire.

  • CONVOCATION
  • Pour intégrer les Brigades d’observation- Terre et Territoire (BOTT)
  • À la société civile nationale et internationale,
  • Aux organisations sociales et civiles nationales et internationales,
  • À l’Autre Campagne Mexique,
  • À la sixième internationale,
  • Compañer@ tod@s
  • Dans le cadre de la campagne mondiale pour la défense de la Terre et du Territoire indigène et paysan autonome du Chiapas, du Mexique et du monde lancée par la Commission sexta de l’Ezln le 25 mars dernier, et afin de faire front à une intensification des hostilités et des menaces contre les peuples zapatistes du Chiapas, toutes les organisations sociales, civiles ainsi que toute personne de bonne foi, sont convoquées à participer aux Brigades d’observation – Terre et Territoire (Bott).
  • Les Brigades d’Observation – Terre et Territoire (Bott) seront formées grâce à la participation de personnes, groupes et délégations nationales et internationales. Ces brigades visiteront des territoires ainsi que des familles menacées de spoliations de leur terre, de leur territoire, et dans leur libre détermination en tant que peuples indigènes.
  • Les personnes désirant participer comme brigadistes des Bott devront remplir les sollicitations suivantes :
  • I-Être majeur.
  • II-Compter au minimum sept jours suivis pour la durée de son séjour dans les communautés.
  • III-Fournir une lettre d’accréditation de sa propre organisation, ou d’une organisation, ou d’une institution, ou d’un collectif ou d’une association. Présenter deux photocopies de celle-ci.
  • IV-Si vous êtes mexicain/e, présenter une identification officielle (passeport, une carte d’identité, un permis ou une carte d’électeur en vigueur) et trois photocopies.
  • V-Si vous êtes étranger/ère, passeport et trois photocopies.
  • VI-Fournir trois photographies d’identité.
  • VII-Avoir une certaine aisance en espagnol
  • VIII-Participer aux réunions préparatoires dans les bureaux du Capise à San Cristobal de Las Casas, Chiapas
  • Les Brigades ont déjà commencé !
  • Pour y participer, inscrivez-vous auprès du GT – Amériques du SI
  • gt-ameriques@cnt-f.org

Publié dans Communiqués

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